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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 14:06

Qui dis que rien ne lui manque

C’est qu’il n’a pas voyagé

Sortir de sa famille aimée

Pour la solitude des coffres des calanques

 

C’est qu’il n’a jamais voyagé

A travers le monde des autres

Loin des routes qui montrent

Les pas d’enfance dans sa communauté

 

A travers le monde des autres

La lumière, la prospérité, la grandeur

Font de l’exilé l’habitué du bonheur

Bonheur au goût noirci  de l’épeautre

 

La lumière, la prospérité, la grandeur

Ne sont rien quand loin de la famille

Je suis avec moi-même en bisbille

Dans le brouillant et brûlant tombeau de l’ailleurs

 

Ne sont rien quand loin de la famille

Je titube sans que papa me tienne la main

Et me chante la comptine du païen

Qui fait l’éloge de l’alchémille

 

Je titube sans que papa me tienne la main

Et me caresse la paume, la joue, les cheveux

Et que je sente son profond vœu

Qu’un jour je lui tienne la main.

 

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- Calanque: vallon étroit et profond

- Épeautre: céréale proche du blé

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